05 septembre 2007

Caramel

Caramel_affiche

~ Film franco-libanais de Nadine Labaki avec Nadine Labaki, Sihane Haddad, Yasmine Elmasri ~

L'histoire ?

A Beyrouth, cinq femmes se croisent régulièrement dans un institut de beauté, microcosme coloré où plusieurs générations se rencontrent, se parlent et se confient. Layale est la maîtresse d'un homme marié. Elle espère encore qu'il va quitter sa femme. Nisrine est musulmane et va bientôt se marier. Mais elle n'est plus vierge et s'inquiète de la réaction de son fiancé. Rima est tourmentée par son attirance pour les femmes, en particulier cette cliente qui revient souvent se faire coiffer. Jamale est obsédée par son âge et son physique. Rose a sacrifié sa vie pour s'occuper de sa soeur âgée. Au salon, les hommes, le sexe et la maternité sont au coeur de leurs conversations intimes et libérées.

So what ?

Ce film a été présenté au dernier festival de Cannes dans le cadre de la quinzaine des réalisateurs et compte, à mes yeux, parmi les meilleures surprises de l'année.
Les thèmes abordés auraient pu l'être de façon archi-caricaturale et superficielle ou au contraire plonger dans une peinture accablante d'une société encore religieusement et socialement contrainte. Mais, la réalisatrice Nadia Labaki livre des portraits attachants et nous embarque volontiers dans leurs sourires et déboires, tant la façon dont elle les filme et ses actrices l'incarnent est belle et spontanée.
Les images sont feutrées, baignées sans cesse dans une lumière qui serait celle d'un coucher de soleil mordoré. La sensualité qui s'en dégage va de pair avec le cadre choisi de l'institut de beauté, même régi aléatoirement par un groupe électrogène de fortune.
On se laisse allègrement porter, voire hypnotiser.
Ce qui ne saurait pourtant nous éviter un léger goût d'inachevé. A regretter que certaines scènes peut-être ne fassent que suggérer, alors qu'on attendrait un travail un peu plus poussé. Parce que la réalisatrice a pris le parti de la retenue.
Un écueil bien vite pardonné car, indubitablement, on ne retiendra de cette "sucrerie caramélisée" à la narration aigre-douce que son charme et sa grâce, l'émotion qu'elle véhicule.
Caramel est un film de femme, qui parle de la condition de femme, universelle et plus particulière à Beyrouth, et des hommes et du sexe. Caramel est un bonbon au regard tendre et réfléchi, qui pourrait un peu faire penser à l'univers d'Almodovar.
Une histoire, des histoires à voir et à aimer ...

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Posté par Vuluentendu à 18:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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