09 septembre 2007

Ceux qui restent

Ceux_qui_restent

~ Film français d'Anne Le Ny avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos ~


L'histoire ?
 

Bertrand et Lorraine sont ceux qui restent... Ils sont ceux qui arpentent les couloirs en se posant des questions interdites, se font repérer au kiosque à journaux, parlent trop fort à la cafétéria, et vont fumer en cachette sur le toit de cet hôpital où leurs conjoints se font soigner.
Car pour supporter la culpabilité d'être bien vivants, Bertrand et Lorraine ont décidé de s'aider à vivre, à rire et à continuer d'aimer.


So what ?

La gorge se serre à maintes reprises devant la pellicule qui défile.
Il y a l'histoire bien sûr, celle de cet homme et cette femme, embarqués dans des longs et larges de couloirs de cancérologie, qui "restent" à attendre et accompagner ces malades qu'on ne verra jamais.
Il y a les jeux des acteurs, tout en justesse, en retenue qui est celle d'une culpabilité à gérer. Lindon n'est plus dans l'exubérance et les logorrhées nombrilistes. Devos feint d'en faire des tonnes pour taire ce qu'il faudrait, hurler qu'elle est perdue. Et ils se font face tous les deux dans une partie de ping-pong enflammée.
L'histoire d'un amour impossible, qui débute drapé des fantômes de la mort.
L'histoire d'une solitude, d'une angoisse, d'une peur, d'une culpabilité. Et la douleur n'est pas dans la souffrance de ceux qui, alités sont en proie aux chimiothérapies : elle résonne en écho étourdissant de ceux qui ne mourront pas.
Ni pathos, ni démonstration : on rit en même temps qu’on pleure.
L'histoire de la complexité des formes de vie, à aménager, à réinventer, à habiter ; l'élément commun à toutes ces formes est le trépas.
L’histoire d’une épreuve, bien au-delà du huis-clos de l’univers confiné, carcéral et moribond de l’hôpital.
Un film pudique et intelligent en vibrant hommage à tous ceux qui sont partis.

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Posté par Vuluentendu à 17:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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